Architecture et documentation. La photographie de l'architecture du siècle XIX. Le dessin comme précédant la photographie.

 

 Entre mai et juillet 2026, le Metropolitan Museum réalise l'exposition suivante qui sert d'introduction aux textes, à la photographie et à l'architecture, qui commentent la suite.

 

Gothic by Design: The Dawn of Architectural Draftsmanship

2026 Met Museum

Bien avant que les tours des cathédrales gothiques ne percent le ciel, les architectes esquissaient leur vision et leurs ambitions à travers des plans complexes. L'époque gothique, célèbre pour ses édifices vertigineux tels que Notre-Dame de Paris, a donné naissance à certains des bâtiments les plus impressionnants du monde occidental. Leur hauteur imposante, leurs flèches élancées, leurs arcs brisés et leurs espaces baignés de lumière contrastaient fortement avec les formes plus arrondies et l'aspect de forteresse de la période romane précédente. Ces éléments novateurs résultaient d'une nouvelle approche du processus de conception, documentée dans des dessins architecturaux originaux.

L'ouvrage « Gothic by Design : The Dawn of Architectural Draftsmanship » révèle comment les maîtres maçons et autres artistes ont commencé à visualiser et à communiquer leurs idées complexes pour les cathédrales et autres édifices inspirés par l'architecture gothique, d'abord par le dessin, puis par la gravure. Entre le XIIIe et le XVIe siècle, ces œuvres méconnues sur parchemin et papier ont joué un rôle déterminant dans l'évolution stylistique de l'architecture gothique et de l'art en général.

 Cette rare exposition de plus de 90 œuvres d'art – dessins et estampes, orfèvrerie, éléments architecturaux, sculptures et peintures – éclaire d'un jour nouveau les choix artistiques et le vaste savoir qui ont façonné les pratiques architecturales gothiques. Découvrez la vision, l'imagination et le talent artistique qui transparaissent dans les plans minutieusement élaborés par les architectes médiévaux et autres artistes de l'époque.

 Un photographe, Lampué, réalise des photos des dessins d'un concours d'architecture

  • Clio Columbia University

Ecole des beaux arts concours J. Rougevin 20 février 1865 : [graphic]

Creator

Lampué, Jean Pierre Philippe, 1836-1924.

École nationale supérieure des beaux-arts (France)

Title

Ecole des beaux arts concours J. Rougevin 20 février 1865 : [graphic].

Other Titles

Several mounts have title: Architecture projets divers

Physical Properties

208 photoprints : albumen ; on mounts 31 x 24 cm, in box 35 x 28 x 10 cm

Description

Collection of 208 mounted albumen photographs of architectural drawings.

Notes

Title from caption on first mount in box.

Subjects

École nationale supérieure des beaux-arts (France)

Architecture > Competitions > France > Paris > Photographs.

Architectural drawing > France > Paris > Photographs.

Architecture > Designs and plans > Photographs.

Architecture > France > History > 19th century > Photographs.

Format

Art Work (Original)Art Work (Original)

Language

French

Bookmark As

https://clio.columbia.edu/catalog/9412704

 

 L'État français organise la réalisation de photos des principaux monuments importants du pays

La « Mission héliographique » : entre inventaire et archéologie

 

La multiplication des clichés d’un même site permet encore de dépasser la perception commune, de diversifier l’angle des prises de vue afin d’en montrer davantage ; sont présentés des détails dont l’observateur peut, il est vrai, difficilement faire la somme pour reconstituer une appréhension globale du monument – excepté peut-être s’il connaît très bien le bâtiment ; toutefois la diversité des angles de vue contribue à une compréhension de l’édifice, dans sa nature tridimensionnelle comme dans les complexes parcours qu’il autorise. L’exploration d’une réalité architecturale suppose, de fait, la multiplicité des regards comme la variation de la perception au gré du déplacement. Les clichés répétés d’une même construction forment en tout cas une séquence et se complètent les uns les autres

Présenter les monuments, c’est alors essayer de les montrer avec exactitude, avec exhaustivité. Dans ce souci s’élabore un paradigme de la photographie d’architecture, qui exige de saisir le bâtiment dans son entier, si possible enchâssé dans son environnement ; l’habitude est de placer la ligne d’horizon à mi-hauteur, et le point de vue au centre de la construction afin d’atténuer les déformations ; cette formule qui permet le respect des proportions, est propice à la comparaison des édifices. Le retour d’un cadrage analogue n’est pas sans renvoyer à un projet sériel d’accumulation et de classement des sites. Les rares silhouettes admises dans le champ donnent l’échelle des bâtiments

Ce précieux monument, comme tant d’autres, tombe pierre à pierre ; bientôt il disparaîtra comme les générations qui l’ont habité ; mais grâce à la photographie, il restera tel qu’il est encore, dans ce dessin tracé par la lumière. Tous ces vieux débris d’un autre âge, si précieux pour l’archéologue, pour l’historien, pour le peintre, pour le poète, la photographie les réunit et les rend immortels. Le temps, les révolutions, les convulsions terrestres peuvent en détruire jusqu’à la dernière pierre : ils vivent désormais dans l’album du photographe.

 

 

Architectes et photographes au xixe siècle

....L’usage essentiellement documentaire a fait de toutes ces photographies d’architecture des documents, et des documents souvent anonymes. On est parti de l’idée que si les photographies avaient été utilisées comme des documents, c’est qu’elles avaient été produites comme des documents. Autrement dit, le regard du photographe n’était pas une donnée à prendre en compte. Les photographies étaient censées rendre compte d’une réalité perçue comme objective. De l’usage on a déduit une intention. Cette équivalence ne fonctionne pas, comme vous le savez.

....les auteurs ont continué à être mis en valeur dans d’autres expositions qui ont eu lieu dans les années 1980-1990.

....Baldus, dont l’œuvre s’est nourrie de nombreuses commandes a été un formidable catalyseur pour rapprocher historiens de la photographie et historiens de l’architecture.

Le patrimoine de la Renaissance et la photographie comme outil entre inventaire et historiographie sous la Troisième République 

...C’est seulement plus tard dans le siècle, à partir des années 1870, que la photographie commence à intervenir dans la réalisation des premiers ouvrages consacrés à la lecture historique des monuments de la Renaissance. Les historiens de l’art et de l’architecture l’utilisent pourtant déjà en tant qu’outil d’étude, spécialement dans le domaine de l’histoire de l’architecture de la Renaissance et au-delà du contexte français.

En dépit de leur coût élevé, ce sont plutôt de véritables albums photographiques, avec clichés sur papier albuminé collés sur des planches précédées par un avant-propos et/ou des notices introductives, qui vont connaître une fortune conséquente dès les années 1850. Parmi ces albums on peut noter toutefois la parution d’un ouvrage consacré aux « plus beaux types d’architecture et de sculpture d’après les monuments les plus remarquables de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance » 

 

Felix Monmory architecte

... les vues perspectives. et chaque fois qu‘une de ces vue renferme un détail important insuffisamment mis en évidence dans l'ensemble, ce détail est figuré a part a plus grande échelle

 

Les cartes postales popularisent la photographie des monuments et des bâtiments publics 

Édition et photographie : de nouvelles synergies

La parution des premiers catalogues raisonnés de clichés, qui s’adressent à un public à la fois de savants et d’amateurs, marque un tournant décisif au début du XXe siècle. À la fin de l’année 1904, l’édition du premier catalogue « analytique et méthodique » des clichés de la Commission des Monuments historiques, révèle la pleine convergence entre le recensement photographique du patrimoine national et l’étude scientifique des monuments. Conçu et réalisé par le conservateur-adjoint du musée de Sculpture comparée, Jules Roussel, ce catalogue est imprimé par les frères Étienne et Louis-Antonin Neurdein, photographes-éditeurs concessionnaires de l’exploitation de la collection de la Commission à partir de 1898. Tandis que l’œuvre des frères Neurdein atteste, au tournant du XXe siècle, d’une pratique de la reproduction photographique qui va de l’impression de cartes postales à la publication d’ouvrages illustrés, la collaboration avec la Commission des Monuments historiques témoigne de la place de choix qu’occupe le patrimoine national dans cette exploitation croissante de la photographie par l’édition