Photographies anciennes, portraits, Carte de visite, Photographe : Comte de Vernay
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Le 25 juillet 1859, jour de la Saint-Jacques, une corrida fut photographiée à El Puerto de Santa María. Ces clichés sont, à notre connaissance, les plus anciennes photographies de corrida conservées en Espagne.
Ces photographies furent prises par un Français, le comte de Vernay, apparenté à Antoine de Montpensier, duc d'Orléans. Le comte de Vernay (Louis Charles Raoul, 1825-1871) venait de s'installer à Séville et projetait de peindre les portraits de la famille Montpensier à Sanlúcar. Auparavant, il fit une halte à El Puerto de Santa María, où il prit huit photographies de la corrida et des alentours de la place, qui ne passèrent pas inaperçues auprès de la presse.
ARTISTE.—Le comte Vernay nous demande d'annoncer que son atelier, situé Rambla del Centro, numéros 36 et 38, désormais achevé, sera ouvert dès lundi prochain pour réaliser des portraits. Il sera accessible tous les jours de 9 h à 16 h, sauf le mardi, qu'il réserve exclusivement à la reproduction de peintures à l'huile, gravures, bustes, etc.
Comme la plupart des photographes de l'époque, son activité principale était la réalisation de portraits au format carte de visite, mais le comte produisait également des vues et des reproductions d'œuvres d'art. Quelques jours avant l'ouverture de l'atelier, plusieurs vues photographiques de Montserrat, « prises par le comte de Vernay et dédiées à Leurs Majestés et Altesses », étaient proposées à l'exposition dans la miroiterie de M. Cousseau.
En septembre 1864, Vernay annonça qu'il mettait fin à ses engagements envers une maison de commerce, quittait le 6124, rue Preciados, et ouvrait son propre studio photographique au numéro 6 de la rue Pontejos.
Quelques jours auparavant, la presse avait révélé que Disdéri se préparait à travailler quelques mois à Madrid et recherchait un jardin, un toit-terrasse ou une maison pour y aménager une galerie. Après avoir annoncé la fermeture du studio Preciados, le comte accueillit Disdéri et lui prêta son nouveau studio.
Disdéri lui-même le remercia publiquement en octobre dans une lettre au rédacteur en chef du journal. Sans doute en raison de la notoriété de Disdéri en France, où il était une personnalité publique, cette relation entre les deux hommes fut relayée par la presse française, comme nous l'avons déjà mentionné.
Le 21 octobre, Disdéri commença à travailler dans le studio photographique. Deux mois plus tard, le 26 décembre, on annonçait le retour du comte de Vernay dans son atelier, et début janvier, on y trouvait sa première publicité…




