Daguerréotype d'une jeune femme. Photographe : A. Gaudin.


  

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Ce daguerréotype a été acquis à Madrid il y a de nombreuses années. C'est l'un des rares daguerréotypes que j'ai eu l'occasion d'acheter, car ils sont très peu courants et, lorsqu'on en trouve, ils sont généralement en mauvais état ou très chers. J'ai tout de suite été séduit par ce portrait de jeune femme et j'ai pu l'acquérir. 

Le daguerréotype est une photographie unique car il ne peut être reproduit en série. Ils ont été produits pendant une courte période, entre 1839 et 1850 environ, et, du fait de leur coût, peu de daguerréotypes ont été produits dans le monde, comparativement aux photographies sur papier. Ce daguerréotype ne porte aucune information apparente sur son auteur, mais cela ne m'a pas empêché de tenter de retrouver le photographe-daguerréotypiste. 

 En démontant le cadre, une marque est apparue, composée de : 

Une roue de charrette à six rayons

 Un croissant de lune avec la lettre J en dessous La silhouette d'un agneau transpercé d'une épée 

Un croissant de lune avec la lettre P en dessous Le chiffre 4 

 Aux États-Unis, on m'a d'abord dit qu'il s'agissait probablement d'un daguerréotype français, bien que cette marque ait été largement utilisée par Southworth & Hawes et d'autres daguerréotypistes renommés. Quant au chiffre 4, il indiquait probablement la proportion d'argent dans la plaque. 

 On m'a dit qu'il pouvait être daté entre 1845 et 1850. Fort de cette première impression, j'ai tenté de contacter un expert français. Finalement, après de nombreuses recherches sur des sites web consacrés à la photographie française ancienne, j'ai trouvé la réponse 

 

 

Il s'agit de la marque – un agneau pascal – de Pierre Ignace Alexis Gaudin (Saintes 1816 - Paris 1894), membre de la maison Gaudin Frères. 
À 28 ans, il s'installe rue du Faubourg à Montmartre. Plus tard, après son mariage, il s'établit au 9 rue de la Perle. Gaudin rachète la prestigieuse entreprise de l'orfèvre J.B. Pilhaud. Devenu très riche, il s'associe à son frère Charles et fonde la maison Alexis Gaudin & Frères. Il cède ses parts à son frère en 1864. Quelques années plus tard, la maison fait faillite. 
 Les lettres J et P correspondent à J.B. et indiquent qu'elles appartiennent à Alexis Gaudin et proviennent du stock de J.B. Pilhaud. Par ailleurs, la roue de charrette que j'ai interprétée est très probablement une croix de Malte ; ces lettres et la croix de Malte apparaissent fréquemment dans les premiers daguerréotypes d'Alexis Gaudin.
 

 
BNF
 
L'aventure des daguerréotypistes
par Sylvie Aubenas  
 


 
 
 

Dans le récit qu'il publia en 1843, Goupil-Fesquet évoque ses premières tentatives : "Grâce au soin que j'ai apporté au polissage et à la préparation de mes plaques, j'espère obtenir une très belle épreuve de l'aspect extérieur de la citadelle du Caire, et pendant que mon artiste mécanique travaille, je me promène sous quelques ruines [...] et je fais des vœux photogéniques."