Photographie. Bataillon d'enfants. Photographe : Duarte. Asturies. #Espagne.
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Dès la création des lycées par Napoléon Ier en 1802, les exercices militaires étaient intégrés à l'enseignement, faisant office d'éducation physique. De nombreuses écoles s'inspirent de ce modèle pour organiser un entrainement militaire adapté aux enfants, entre 1880 et 1882 des initiatives voient le jour dans les grandes villes.
Mais dès avant cela, aussitôt après la défaite de 1870, des collèges organisent des formations militaires pour les jeunes garçons à partir de 16 ans, dès le début de 1871, et se poursuivent au long de la décennie. Certains enseignants organisent des formations pour les garçons du primaire
Ancien communard, Aristide Rey est un des premiers qui formalise l'instruction militaire à l'école en s'inspirant du modèle initié en Suisse par Pestalozzi à l'époque napoléonienne. Dès , il saisit le Conseil municipal du Ve arrondissement de Paris pour organiser les enfants des écoles communales de garçons en bataillons armés afin de leur inculquer l'esprit républicain et de combattre l'esprit de caste des armées permanentes. Sa proposition est approuvée le suivant, un premier bataillon puis d'autres se forment rapidement. D'autres initiatives en province voient le jour mais le cadre légal manque
Espagne
Le premier bataillon d'enfants recensé – un bataillon scolaire – fut celui de l'Hospicio de Madrid, créé dans le but d'imiter les bataillons qui obtenaient des résultats si positifs en France.
L'initiative venait du député provincial, M. Gálvez Holguín, et l'instruction gymnique et militaire était dirigée par le professeur de gymnastique, Marcelo Sanz. Le bataillon était composé de 1 200 garçons, âgés de dix à douze ans, qui maniaient des fusils de trois à quatre kilogrammes.
Toute la presse madrilène salua l'initiative et appela d'autres villes à suivre son exemple. Les bataillons bénéficièrent d'un large soutien de la hiérarchie militaire, de l'aristocratie conservatrice incarnée par la figure puissante du roi Alphonse XIII, et de la complicité de l'Église catholique. Ils étaient soutenus par une idéologie catholique-nationaliste visant à former une génération de jeunes hommes patriotes imprégnés de valeurs chrétiennes.
Luis Miguel Lázaro attribue la diffusion principale des bataillons scolaires au système éducatif du père Andrés Manjón dans les écoles Ave María, fondées à Grenade en 1889.
Dans ces écoles en plein air, situées dans le quartier du Sacro Monte, le père Manjón organisa, vers 1895-1896, un bataillon scolaire dont les élèves – enfants de familles pauvres, de journaliers et, pour certains, d'origine rom – recevaient des fusils en bois, des drapeaux, des tambours et des clairons. Selon Lázaro, c'est Manjón qui apporta un soutien idéologique et pédagogique à ces organisations, nées principalement du désastre colonial de 1898.
